Benjamin a grandi dans un village du midi, une terre provençale haute en couleurs, une terre de corrida. Toute sa famille y vit encore et parle « avé l’accent ». Sauf lui. Impossible de déceler dans son phrasé la moindre intonation méridionale.
Pour devenir acteur, il a dû gommer son accent. Il « parle pointu » comme disait son grand-père, c’est-à-dire avec l’accent parisien. En réalité dans un français académique qui n’est rien d’autre que la langue des médias et du pouvoir.
Au-delà du comique apparent, Benjamin Tholozan soulève tout en finesse une question hautement politique, celle de l’abandon progressif des accents et des langues régionales et donc de la diversité des identités des territoires. Il dépeint une épopée historique flamboyante où la petite histoire familiale rejoint la grande.
Un spectacle brillant et drôle, aussi inventif qu’instructif et mené par un comédien talentueux.